
À l'origine, le programme de mesures d'allègement budgétaire (PA27) devait permettre d'économiser environ 3 milliards de francs suisses. Dans l'ensemble, le Parlement s'est montré moins enclin à faire des économies que la ministre des finances. Des coupes budgétaires ont été opérées presque partout. Le secteur du tourisme a lui aussi dû faire des concessions. Mais grâce à un lobbying coordonné et efficace, celles-ci ont été moins importantes que ce que l'on craignait.
Selon le projet PA27, le tourisme devait réaliser au total environ 115 millions de francs suisses d'économies par an. Ainsi, les aides financières accordées à Suisse Tourisme devaient être réduites de jusqu’à 20 %, ce qui aurait eu des conséquences dramatiques sur les effectifs en personnel. Les contributions annuelles aux projets Innotour devaient également être réduites de 30 % par an. Quant à la Nouvelle politique régionale (NPR), il était même prévu de ne plus alimenter le fonds existant à l’avenir, mais de le laisser s’épuiser, ce qui aurait signifié la fin de la politique régionale.
Le fonds NPR (doté de plus d’un milliard de francs suisses) joue un rôle déterminant dans le financement des infrastructures des remontées mécaniques. En effet, non seulement la Confédération alimente ce fonds, mais les cantons contribuent eux aussi au financement, très coûteux en capital, des remontées mécaniques. Chaque franc investi par la Confédération mobilise cinq fois plus d’investissements dans les régions. C’est pourquoi le maintien de la NPR et la poursuite de l’alimentation du fonds revêtent une importance capitale pour Remontées Mécaniques Suisses (RMS).
L'intervention fructueuse de l'Alliance du tourisme au Parlement n'en a été que plus réjouissante. RMS est également soulagée que le Parlement ait renoncé à des coupes disproportionnées dans les instruments de promotion touristique. De plus, RMS félicite la Fédération suisse du tourisme (FST) ainsi que Philippe Niederberger (directeur) et Reto Nause (président de la FST et conseiller national) pour leur habile tactique de négociation, grâce à laquelle le pire a pu être évité.
Après le débat parlementaire, place au débat de fond
Une raison de se réjouir, donc ? Malheureusement non. Car si le secteur du tourisme a réussi à se défendre avec succès contre des mesures d'économie massives au Parlement, le SECO, l'office compétent, a soumis le « message sur la promotion de la place économique » à une consultation publique dès la session de printemps. Ce message comprend notamment un programme quadriennal de promotion du tourisme. Et sur le plan de la politique financière, le SECO a suivi le Conseil fédéral. Cela signifie que le message applique les mêmes objectifs d’économies que le PA27. Cependant, le Parlement, qui a débattu du PA27 à un rythme effréné, a réalisé des économies nettement moins importantes que prévu initialement dans le domaine du tourisme.
Le secteur du tourisme estime que la démarche du SECO sur ce point va à l'encontre de la volonté du Parlement et n'est donc pas légitime. Le secteur demande donc l'annulation de la consultation ou la tenue d'un entretien clarificateur avec le ministre de l'économie compétent. Une intervention en ce sens, sous la forme d'un courrier demandant l'organisation d'une table ronde, a déjà été adressée au Conseil fédéral.
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